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El Moudjahid: Folklores séculaires et influences modernes

 

El Moudjahid
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L’ambiance était au rendez-vous dimanche soir avec Adel Chaoui, Tikoubawine et Cheikh Sidi Bémol qui ont animé un concert des plus chaleureux.

PUBLIE LE : 23-12-2014 | 0:00

Pour la troisième soirée consécutive du Festival national de la chanson et de la musique amazighes, le public de la capitale de l’Ahaggar continue d’occuper la placette du 1er Novembre chaque soir à partir de 21h00 afin d’assister aux concerts d’expression amazighe des différentes régions du pays. L’ambiance était au rendez-vous dimanche soir avec Adel Chaoui, Tikoubawine et Cheikh Sidi Bémol qui ont animé un concert des plus chaleureux.

Constituée de six membres, la jeune troupe Tikoubawine, native de Tamanrasset, a présenté un concert original de ce qu’on appelle tout récemment le « blues targuie». Un genre musical d’expression amazighe, avec des textes poétiques traitant des sujets de société avec des tendances blues.
Mais la démarche de ce jeune groupe semble plus ouverte à d’autres influences, à l’exemple du reggae et du rock progressif. Avec une rythmique fortement présente, fidèle au mouvement de la région, et en différant le jeu de la batterie et de la guitare basse qui donnent l’empreinte reggae du groupe. Le tout, interprété par deux percussionnistes à la batterie et au j’ambi, appuyé par un jeu saccadé de quatre guitares dont deux électriques. La musique de ce jeune groupe est un véritable cocktail qui reflète l’ouverture d’esprit musical algérien, selon les dires de Said Benkhira, leader du groupe.
« Ce qui importe, c’est de faire passer notre message, et ce, à travers une musique qui nous touche », souligne-t-il.
Le groupe local a trouvé un bon écho auprès de son public, les instruments baissent de tempo et le public chante en sourdine des couplets que le groupe n’a pas encore enregistrés en album : « Nous avons des chansons que nous avons composées depuis des années. Notre groupe a surmonté beaucoup d’épreuves depuis sa création en 2007. Mais je peux dire que notre rebondissement a eu lieu en 2012 », précise-t-il.
Pour ce qui est de l’enregistrement d’un premier album, Tikoubawine déplore, à l’exemple de tous les groupes du Sud algérien, le manque de moyens et l’obligation de se déplacer au Nord pour enregistrer un disque.
« Nous allons enregistrer au mois de mai 2015 un album chez studio Badidou, nous allons l’intituler « Dirhan », qui veut dire « des vœux ». Et de poursuivre : «Il s’agit de nos vœux que nous n’avons pas encore exaucés», a-t-il fait savoir.

Sidi Bémol, le cheikh avec provisions
Houcine Boukela, connu sous le nom de scène « Cheikh sidi Bémol », semble vouloir rajeunir. Cette appellation qui a fait connaître ce groupe depuis  sa création en 1992 en banlieue parisienne a changé tout récemment en devenant « Sidi Bémol ». Présent pour la première fois dans la wilaya de Tamanrasset, le chanteur dit avoir été « surpris » par l’accueil chaleureux du public sahraoui, et d’avoir réagi avec beaucoup d’énergie et de réceptivité à sa musique. Ayant joué un florilège de tous ses albums, Sidi Bémol a littéralement mis le feu à la scène en interprétant des chansons à succès, reprises en chœur par le nombreux public comme Makayan walou khir men l’amour, ou encore sa fameuse chanson El bandi.
Ayant récemment enregistré un album en introduisant des sonorités turques et indiennes, Houcine Boukela a souligné que sa philosophie musicale se penche vers les mélanges et la fusion. « Je m’éloigne le plus possible de la pureté et de tout ce qui est trop exclusif, j’aime bien l’échange des cultures musicales et à chaque fois que j’entends une bonne musique, je voudrais la partager avec mon public », a-t-il relevé.
Ayant conclu magistralement son spectacle avec une chanson du patrimoine gnawi Gumari, en l’interprétant notamment avec une touche purement rock avec le jeu délirant du virtuose guitariste algérien Abdenour, Sidi bémol a fait bouger le public de l’Ahaggar en interprétant également une chanson du patrimoine kabyle de Slimane Azem.

La source de  Tahabort, théâtre de fusion musicale
Organisé dans le programme de proximité du festival, un après-midi folklorique a été animé, dimanche, à la source Tahabort d’eau gazeuse sise à 10 kilomètres du chef-lieu de la wilaya de Tamanrasset.
Dans un décor naturel des plus magiques, sous les sommets de l’Ahaggar, la troupe de «Oued El Djorf» venue de Tébessa s’est jointe à la troupe targuie de «Tafouknahaga» qui excelle dans le tindi, jakmi et l’instrument mythique de l’imzad. Composée de 26 membres, cette troupe de la prestigieuse joueuse d’imzad Chetima, considérée comme une virtuose de cet instrument, s’est mise dans le décor en formant un cercle par terre avec une dizaine de jeunes filles pour applaudir en chœur et présenter le folklore «azemezay», coonu au cours des célébrations de mariage et des cérémonies joyeuses.
K. B.

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